Comprendre la calvitie — l’alopécie androgénétique —, les traitements dont l’efficacité est reconnue, et ce que montrent les études sur l’acupuncture en complément.
Par le Dr Alexandre Fleury · Médecin acupuncteur · ~6 min de lecture · Mis à jour en octobre 2026
La calvitie — ce que la médecine appelle l’alopécie androgénétique, ou AGA — touche une grande partie des hommes au cours de leur vie, et parfois les femmes sous une forme différente. C’est une chute de cheveux progressive, d’origine génétique et hormonale, à distinguer d’autres types de chute (voir plus bas).
Elle se manifeste typiquement par un recul des golfes temporaux et un dégarnissement progressif du sommet du crâne, selon un schéma assez caractéristique. Elle est à distinguer de la chute diffuse et brutale qui survient parfois après un stress important ou une maladie (en général réversible), ou des plaques bien délimitées sans cheveux, qui relèvent d’un avis dermatologique dédié.
La calvitie est liée à la conversion de la testostérone en une hormone plus active (la DHT) au niveau du cuir chevelu, qui finit par miniaturiser progressivement les follicules pileux chez les personnes génétiquement prédisposées.
Deux traitements ont fait la preuve de leur efficacité et sont proposés en France : le minoxidil en application locale, et le finastéride par voie orale sur prescription médicale. Chacun a ses limites : efficacité inconstante, nécessité d’un traitement au long cours, et pour le finastéride, des effets sexuels possibles (baisse de libido, troubles érectiles) qui freinent certains patients. C’est votre médecin ou votre dermatologue qui peut vous accompagner dans ce choix.
En MTC, les cheveux sont décrits comme le reflet extérieur de l’essence du Rein et de la qualité du Sang. Selon les profils, on évoque un vide de Foie-Rein, une chaleur-humidité, ou une stase de Sang — des lectures traditionnelles qui orientent le choix des points, souvent situés au sommet du crâne (Baihui VG20), sur la jambe (Zusanli E36) ou entre les orteils (Taichong F3), en complément de points locaux sur la zone dégarnie.
Les études chinoises publiées ces quinze dernières années rapportent de façon assez constante un bénéfice de l’acupuncture, ou de techniques dérivées (aiguille de feu, implantation de fils résorbables, aiguille roulante dite « fleur de prunier »), le plus souvent utilisées en complément du minoxidil ou du finastéride, et non à leur place. Plusieurs essais notent un taux de réponse plus élevé lorsque ces techniques sont ajoutées au traitement de référence, ainsi qu’un effet mesurable sur des marqueurs hormonaux locaux. Une synthèse regroupant une trentaine d’essais et plus de 2 600 patients rapporte un taux de réponse globalement supérieur avec les approches de médecine chinoise par rapport à la médecine conventionnelle seule, sans surcroît d’effets indésirables.
Les mécanismes évoqués incluent une amélioration de la microcirculation du cuir chevelu, une action anti-inflammatoire locale, et une possible stimulation des facteurs de croissance impliqués dans le cycle du cheveu. La tolérance rapportée est bonne : les effets observés sont mineurs et transitoires (rougeur, sensation de chaleur, petite ecchymose). Un élément intéressant pour les patients réticents au finastéride : dans une étude, les effets secondaires sexuels et émotionnels n’apparaissaient que dans le groupe traité par médicament, jamais dans le groupe acupuncture. Certaines formules de phytothérapie chinoise sont parfois associées dans les études, mais elles doivent être individualisées et suivies par un praticien formé — certaines plantes traditionnelles ne sont pas sans risque, notamment hépatique.
J’utilise de très petites aiguilles, à usage unique, bien plus fines qu’une aiguille de prise de sang. La plupart du temps, on sent un léger point de piqûre, puis plus rien. Cette sensation dure quelques secondes, puis elle se calme.
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Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne remplace pas une consultation médicale et ne constitue pas un avis personnalisé.
Le stress, un facteur aggravant fréquent de la chute de cheveux.
02Un autre sujet masculin encore trop peu abordé en consultation.
03D’autres réponses aux questions les plus posées sur l’acupuncture.
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